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Enculade

Revoilà Jospin. L'écrit en bandoulière. La pensée justifiée par la production littéraire. A «Culture et dépendance», il expose, dit-il, une pensée politique. Pas de coups de bâtons pour Chirac ou peu. Moins en tout cas pour la gauche (extrême). Pour Jospin, cette gauche là, «révolutionnaire», est par nature hostile à la réforme. Elle est pour la révolution. Et Jospin d'égrener que les révolutions sont forcément sanglantes : voyez la Chine, l'URSS, les goulags... Pas celle de 1789 bien sûr, puisque c'est celle qui fonde notre démocratie. Qu'importe si, du côté des puissants, on trouvait déjà, à l'époque, le parti de la réforme et les idéalistes de salon.

D'ailleurs (attention : argument historique), pas de progrès social, sans la réforme. 1936, la Sécurité sociale, les congés payés : «si c'est pas le parti de la réforme ça», lance Jospin. Evidemment en face d'une pensée qui ne résulte que d'une énième tentative de justification, le droitier Giesbert reste bouche bée. Impossible pour lui rétablir la vérité historique qui voudrait pourtant que l'on reconnaisse que c'est bien le rapport de force qui créé l'avancée sociale. Face à la rue, les gouvernants, de droite ou de gauche réformiste, le font que lâcher du lest, tout au plus.

Une remarque d'une interlocutrice présente sur le plateau de «Culture et dépendances», relevant que les revenus du travail ont plus gagné que ceux du capital sous Giscard (années 70) que sous Mitterrand (années 80) montre d'ailleurs les contradictions et les faiblesses de l'analyse du penseur du 21 avril. On pourrait tout autant signaler à Jospin que sous son gouvernement, les avancées sociales sont souvent venus des communistes, mais ceux-ci ne sont peut-être pas de la gauche révolutionnaire et goulaguienne

Mais qu'importe, la pensée de Jospin est aussi ailleurs. Par exemple, pour faire gauche sans doute, le voilà qui s'agite, poupée médiatique, Jaurès de piètre facture. Son but : montrer du doigt l'élite qu'il nomme la nouvelle aristocratie et dont on comprendra qu'il n'est pas. Bref, voilà les vilains qui s'en mettent plein les fouilles alors que les autres doivent se serrer, toujours plus, la ceinture. Alors quoi ?... Ben quand même, la fameuse révélation vient à Jospin : il existe des inégalités sociales et elles s'aggravent, et même en temps de crise il y en a toujours pour faire un max de blé et augmenter leurs revenus.

Et voilà, c'est tout : 3 ans de réflexion pour découvrir qu'il y a dans les sociétés libérales, des riches et des très riches et des super riches. Avec un peu de chance, dans 2 ans, Jospin aura un début d'idée pour contraindre les riches à cracher au bassinet. Ah ben non, c'est vrai, on peut pas, puisque ça c'est lot des gauchistes, le mal absolu selon Jospin. Caramba, encore raté.
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