Dans le cul, bis...
Aigris par la décision du comité olympique, les Français commençaient à balancer sur les Jeux : dérives financières, dopages, corruption, sport spectacle... Parallèlement, voilà un sondage réalisé en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis qui, pour la première fois, faisait état d'un sentiment anti-guerre majoritaire... En France, on avait la tête sous l'eau, parait-il. Paris 2012, défaite au référendum et pourquoi pas, canicule... Nos dirigeants ont besoin de trouver quelque chose qui fédère, qui resserre les rangs... autour d'eux. Une grande messe pour faire communier tout le pays... Au G8, l'énième Sketch des grands de ce monde mobilisait surtout les altermondialistes.
Et là, paf. Un groupe terroriste nouveau, mais dont le suffixe Al Quaïda permet une immédiate catégorisation à l'ennemi islamiste, vient opportunément faire péter des bombes là où pourtant on était super préparé à ça. Un terroriste a donc deux caractéristiques : il est très con, mais il est aussi très fort. Il doit donc susciter une méfiance exceptionnelle justifiant le vote de lois d'exception.
Al Quaïda est d'ailleurs omniprésent. Il tue un diplomate égyptien, il fait son retour en Afghanistan.
Et, dénonçant les bombardements US à la frontière Irak-Syrie, le groupe terroriste déclare : «Nous ne permettrons pas à la violence de changer nos sociétés et nos valeurs...» Ah non pardon, ce n'est pas Ben Laden qui a dit ça, mais Tony Blair justement à propos des bombes londoniennes.
Le fin politique anglais avait à cette occasion une triste mine de circonstance. Sa côte va sans doute monter. Bien loin le colossale mensonge sur les armes de destructions massives basées sur un rapport périmé qui, après quelques remous et un suicide, n'aura pas gêné grand monde finalement. L'actu reprend vite ses droits. Si Tony avait baisé la reine d'Angleterre, il y aurait sans doute eu là motif à éjection. Les vraies saloperies, ici, ne prêtent guère à conséquence.
Un diplomate au G8 : «au départ, les nouvelles n'étaient pas claires. On ne savait pas s'il s'agissait d'un accident ou d'un attentat. Mais quand les images de l'autobus détruit, tout le monde a compris ce qui s'était passé.» La propagande fonctionne à merveille lorsque la... pédagogie minimale n'a même plus besoin d'être prononcée.