Jeudi 7 avril : le parti de l'église et de l'argent
(Humanité du 7 avril) Nous y voilà. Pour annoncer son oui à la constitution, le MEDEF a choisi la Chine et Pékin ; les néo-communistes peuvent bien s'asseoir sur leur peuple... Ils deviennent des interlocuteurs valables pourvu qu'ils fassent la promotion du capitalisme. En compagnie de Giscard, Seillère a habillé son discours d'une rhétorique quasi-sociale, expliquant que la Constitution était un bon moyen de résister aux effets de la mondialisation. Quand on connaît les positions de l'UNICE, le syndicat européen des patrons (à la tête duquel Seillière postule), on se dit que le choix du président du MEDEF ne doit rien au hasard.
L'épiscopat européen s'exprime lui aussi pour le traité constitutionnel.
«Voir que le MEDEF et l'église appellent à voter oui, devraient suffire à faire gagner le non», explique un sans-grade.
Sur le terrain social, les lycéens essuient de nouveaux coups de matraque dans toute la France : une manière de plus de promouvoir le dialogue social, à moins que nos représentants démocratiques jugent que la répression policière symbolise le courage politique, voire de la pédagogie. Céder aux pressions, oui, mais pas à celles de la rue, pas à celle du peuple...
Reste que ces satanées sondages, malgré un déséquilibre remarquable dans l'accession du non aux grands media, mettent le camp du oui sans dessus dessous. On en appelle aux soutiens de l'étranger. A sens unique là aussi : la voix du non ne serait que franco-française. Mais en Belgique, en Suède, la belle façade se lézarde, tandis que le parlement italien en a profité pour ratifier le traité, dans un silence de cathédrale. Le débat démocratique en loucedé. La disqualification du camp du oui, par la politique que mènenet ceux qui le défendent, les obligera à plus d'outrances, là omil y aura référendum. Comme en France, le pays qui porte, dans cette affaire, (grâce au manque de nez de nos élites dirigeantes) la procuration des humbles d'ailleurs.