Vendredi 1er avril :
extrême onction
Le pape reçoit l'extrême onction, et le mouvement des lycéens bouge encore. Une auditrice s'offusque du traitement de ces deux informations sur Inte. Paoli monte sur ses ergots. Quelques minutes plus tard, le journal s'ouvre avec le Pape, un envoyé spécial est mobilisé à Rome, sans aucune information ni aucun moyen d'en avoir. Puis on parle de Rainier,la pompe à fric. Ensuite, seulement ensuite, «le fonctionnement de plusieurs établissements a été perturbé par les occupations de lycéens.»
En réalité, derrière un voile qui ne dit pas son nom et s'auto-proclame ligne éditoriale, jamais les lycéens n'ont lâché le morceau. Motivés comme on peut l'être à 20 ans sans doute, avec une conscience politique et des arguments qui effraient plus sûrement. Pourtant, sous les coups de boutoir du gouvernement, le navire de l'Education prend l'eau de toutes parts et les «contrevenants» goûtent de la matraque.
Et Sarkozy («l'homme providentiel, à l'américaine», dixit Montebourg) fait son show sur la télévision publique, touchant les dividendes de son passage aux Finances, justifiant du même coup la redevance et l'achat d'écrans plats. Inégalités et insécurité sociales, précarisation du travail et explosion des profits,obésité en hausse, et personnalisation à outrance du choix politique, voici déjà le meilleur des USA. A suivre, Sarkozy, donc, et bientôt, le modèle économique sur le Mont Europe, comme la monumentale sculpture gravé dans le Mont Rushmore, avec la face de Giscard en président des Etats-Unis d'Europe. On a pas fini de se donner bonne conscience par des Sidactions africains.
Guetta sur la même ligne, préfère montrer en exemple le modèle allemand et sa façon de traiter le chômage. Remettre les gens au boulot... Poussons un peu et voilà les enseignants sur les chantiers, les journalistes à la campagne, la pensée rectifiée par l'activité professionnelle... ça ne vous rappelle rien.