Mardi 22 mars : des
starlettes pour argument
François Hollande sort l'artillerie lourde : BHL, Alain Decaux (la référence historique), et Julien Clerc. Quelle légitimité ont ceux-là à s'exprimer plus que les autres. Dans quelle mesure leur avis d'experts, d'intellectuels ou d' artistes «compte» ?...
Une autre perspective, celle, pardon du gros mot, du rapport social, ouvre à une autre réflexion. Car que savent ceux-là de la misère qui défile dans les rues (ou qui n'y défile plus, plaçant tout son avenir dans quelques loteries, le beau projet de vivre ensemble). Pire, ces références de la pensée et de la chansonnette n'ont-ils pas intérêt, eu égard à leur statut, à apparaître comme des conservateurs du système (jurant s'il le faut leur volonté de progrès), avec l'assurance d'un projet de constitution emballé UHT, date limite 2050.
Et les arguments... Jusque là globalement absents du camp du oui, qui s'abrite derrière de belles formules et de grands desseins pour mieux éluder la réalité d'un texte et de ses conséquences prévisibles, Dans ce contexte, Roselyne Bachelot (France Inter 8h20- 9h) réussit à réclamer un changement de direction de campagne, quand celle-ci est toujours bloqué en gare (gageons d'ailleurs, qu'il le restera). L'ancienne ministre dit : «nous avons trop voulu répondre au camp du non (lire : trop dans le débat, un comble) il faut que nous disions ce que nous avons à dire... Trop réactifs nous devons être actifs.»
Terrible révélation de la suite en fait : on ne peut pas discuter, échanger, faire usage de raison et déployer un argumentaire face à la contradiction... Il faut asséner sa prose, éviter la contradiction, surtout pas... Bref,pour accéder à la paix, aux valeurs démocratiques, quoi de mieux qu'un peu de propagande.Les vertus du dialogue ou plutôt de la communication,sur le mode «nous n'avons pas été compris,nous allons mieux expliquer notre démarche.» Face à cette outrance publicitaire,on se dit que le totalitarisme interdisant l'expression libre est au moins franc du collier.Il n'a pas besoin de noyer dans du marketing une prose qui ne souffre pas la contradiction. La démocrature a de l'avenir.