Dimanche 24 avril : Un médiateur muet
Le médiateur de France Inter est orfèvre en langue de bois. Impossible pour lui de répondre au pourquoi du conflit dans sa maison. L'exposé des motifs lui serait trop personnel, comprenez-vous («on ne parle pas facilement de soi»). Cinq minutes pour ne rien dire, si ce n'est que «l'entreprise de service public» aurait des progrès à faire en matière d'information... sur les programmes maintenus ou non en cas de grève.
Rendre compte aux auditeurs, oui, mais seulement pour dire ce qui va se passer, pas ce qui se passe ou pourquoi ça se passe. «Les journaux d'information et d'actualité» de la station ont l'information sélective. Pour le compte-rendu du conflit social, prière donc de s'en tenir au communiqué de Gilles Schneider «très heureux de nous retrouver, nous , auditeurs.»
Sur le déséquilibre du oui par rapport au non, le médiateur est plus bavard, mais guère plus volubile. Le oui est devant, mais seulement à cause d'un 7-9 et d'un Respublica : deux invités pour le oui s'y sont succédés la même journée et, pas de chance, juste avant la grève. Voilà la raison du déséquilibre. «Je vous ferai un point complet dans une semaine ou 15 jours», propose le médiateur
_ 15 jours, confirme l'animatrice
_ oui, 15 jours.
Gageons que le délai passé, le médiateur aura pu mesurer la représentativité des invités, le temps de parole de chacun et que viendra le moment de prendre «des mesures appropriées».On peut aussi escompter que le médiateur évoque le positionnement des chroniqueurs et un éventuel déséquilibre. Sauf si bien sûr, cela relève des questions internes. «On a (tant de) mal à parler de soir.»