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Renversons la marmite !

Mardi 26 avril : Renversons la marmite !

«Voilà pour cette émission, j'espère qu'elle vous aura aider à y voir plus clair», conclut Elise Lucet. En fait : un échec pour ce qui est de l'expression d'un débat politique, un simulacre d'assemblée où la parole était d'emblée encadrée, limitée, circonscrite. Des applaudissements sur lesquels la réalisation s'attarde : ce sont ceux d'un chef d'entreprise, votant déclaré du OUI, qui voit dans la constitution une assurance pour la paix. Sans doute pas celle distillée par l'OTAN au Kosovo (louée par Lang) et qui ne fait pas même débat. Sans doute que les réfugiés de Strepce, 6 ans après l'intervention, ont une autre vision des choses.

Des questions orientées : et si le NON l'emportait ? N'y pensons pas. Le OUI serait une si belle aventure selon Jack Lang. «La mission civilisatrice de l'Europe» passe par là selon la néo-planquée du sénat Dominique Voynet. Barnier, renvoyé dans les cordes pour une tentative d'amalgame bien malheureuse, pense que ce sera «mieux pour moi et mes enfants.» Nous ne sommes pas du même monde et très vite, la notion de classes sociales s'impose à tous. Avec des élites vraiment à l'ouest. Des élites qui, dans le cadre d'une Europe libérale, pourront à foison assister, sans se salir, à l'effroyable course de char compétitive du prolétariat sino-européen.

Sur la répartition des richesses : le débat élude. En filigrane la question suinte pourtant de tous les pores. Illustration un peu plus tard, sur une autre chaine, avec une trésorière-payeur-générale qui (11.000 euros par mois, ce n'est pas et de loin le cas de tout le monde dans l'administration fiscale) est embêtée quand le journaliste lui demande si la prise n charge de 50% de son loyer n'est pas indue. «C'est un sujet trop sensible. Ne posez pas cette question. Je ne veux pas y répondre. Pourtant, dans ce cas, si on ne pose pas la question de la répartition des revenus, nous voilà enfermés dans la triste dénonciation des nantis de la République, utilisée à foison pour monter les humbles fonctionnaires contre les pauvres du privé. Joli détournement.

Face au OUi dit de progrès, de la croissance (la croissance pour qui ? pour quoi ?), la droite n'assume même pas les conséquences sociales de la concurrence libre et non faussée, et la gauche peine à venir sur le fonds. Renverser la table ? disait Cavada. Et après. Que proposez-vous ? Nous n'en sommes pas là. Il s'agit juste d'accepter la fatalité ou de croire en un autre avenir. Rien n'est gagné. Rien ne le sera. les bénéficiaires du système ne seront pas porteurs de changement que si le NON crée un véritable rapport de force. Pour l'instant, nous en sommes condamner, à «renverser la table». Mais surtout la marmite qu'il faudrait bousculer.
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