Vendredi 29 avril : avec Christine, sur le canapé,
Dans le dispositif de France Europe Express, la place sur la canapé en arc de cercle, aux côtés de Christine Ockrent se mérite. Face à l'exclusivité donnée, pour cette place, au OUIstes (au moins depuis que le non est «devant»), considérant par ailleurs que l'objectivité dont se targue cette journaliste ne peut être remise en cause, on se demande bien qui, de Jacques Delors (OUI) et José Bové (NON), aura droit mardi prochain au saint siège. Pour soutenir, comme l'a prétendu notre ministre de l'Economie, que l'actuel projet de Constitution n'est pas libéral, il faut en effet un trône à la hauteur.
A la recherche d'une légitimité dont il s'est cru un soir de mai le détenteur, Chirac est allé avec 24h de retard saluer cette grande réalisation européenne appelée Airbus A 380. Le symbolisme de cette forteresse s'élevant dans le ciel n'a pas échappé au président opportuniste, à qui l'on troquerait aisément les habits de la République pour le costume du commercial.
Un autre est resté bloqué sur la dernière Présidentielles. Jospin, de retour, qui présage en cas de victoire du non, un gros problème de politique européenne. Pourquoi ces manifestations ? semble dire l'ex-1er ministre,comme méprisant du haut d'une tour de Babel le peuple qui souffre.
Sur France inter, une atmosphère de mea culpa. L'invité Bernard Cassen, à l'antenne, dénonce l'ostracisme des chroniqueurs.Nous sommes vendredi. L'invité doit donc partager ce jour là son temps de parole avec la musique du monde et Bernard Darniche.
Dans le Nouvel Obs', voilà une «autre» tête : Jacques Delors. Comme Jospin, droit dans ses bottes. Il loue la construction européenne, sans dire que depuis 1978, le niveau de vie, en France, a lourdement chuté, nous ramenant aux années 50. Mais ça n'a sans doute rien à voir puisque la construction européenne et le pacte de stabilité ont été facteurs de croissance.Vive la croissance pour la croissance de quelques-uns, pendant que la majorité s'appauvrit. De toutes façons, les pauvres sont responsables comme le suggère ce fait divers où l'on explique, sur France 2, que si les habitants des tours HLM ont déménagé, ils ont amené leurs problèmes avec eux.
Pour Delors, le changement est pourtant possible. Rien n'est gravé. Le droit de pétition est réel. On peut donc vouloir une autre Europe, mais pour dire non il faudrait, cette fois encore, dire oui. D'ailleurs «la renégociation est une chimère». On renvoie les améliorations aux mobilisations futures, sans voir celles du jour. Pourtant Delors explique un peu plus tôt que la «protection sociale existe tout autant que le souci économique dans le traité.» A quoi bon se mobiliser contre, aujourd'hui ou demain ?
Agitant l'exemple danois, il oublie de dire que ce pays s'est vu imposé trois fois la ratification de Maastricht, parce qu'il n'en voulait pas. Que le social s'y accompagne d'une grande flexibilité. Flexibilité, les chômeurs connaissent le prix de ce mot.
Le prix du modèle libéral est-il plus supportable lorsque l'on se place au-dessus de la mêlée ? Sans doute plus que lorsque l'on a les pieds dans la France d'en bas.